Le 24 octobre 2024, le Lenox Hotel de Gitega a été le théâtre d’un atelier crucial organisé par le ministère en charge de la solidarité nationale, à travers le Secrétariat Exécutif Permanent de la Commission Nationale de la Protection Sociale (SEP/CNPS), en collaboration avec la Confédération Nationale des Mutuelles du Burundi (CONAMUS). Cet événement a rassemblé des parlementaires, des décideurs et divers partenaires du secteur de la protection sociale, autour du thème de la nouvelle politique nationale de protection sociale (PNPS) et de l’importance de la mutualisation du risque maladie.
Photo du Secrétaire Exécutif Permanent de la Commission de la Protection Sociale (SEP/CNPS), Arcade NIMUBONA
Le Secrétaire Exécutif Permanent de la Commission de la Protection Sociale (SEP/CNPS), Arcade NIMUBONA, a ouvert l’atelier en présentant la vision de la nouvelle PNPS. Celle-ci vise à promouvoir une protection sociale universelle et équitable d’ici 2033. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de l’une des 13 recommandations de la récente assemblée générale de la Commission Nationale de Protection Sociale, présidée par le Chef de l’État, Evariste Ndayishimiye.
Il a souligné que cette nouvelle politique est essentielle pour garantir que tous les Burundais, indépendamment de leur statut socio-économique, aient accès à des services de santé de qualité. Cela constitue un enjeu majeur pour le développement humain et la réduction des inégalités dans le pays.
Engagement des parties prenantes
Photo de Deo Claude Nshimirimana, président du conseil d’administration de la CONAMUS
L’un des points forts de l’atelier a été l’appel lancé aux parlementaires pour qu’ils visitent les mutuelles communautaires lors des prochaines vacances parlementaires, afin qu’ils puissent mieux comprendre l’état des lieux des mutuelles et évaluer leur impact sur la population. Ce geste est en ligne avec l’une des recommandations de cet atelier organisé par la SEP/CNPS, qui vise à renforcer les liens entre les décideurs politiques et les acteurs de terrain. Les participants ont aussi invité les parlementaires à faire davantage d’efforts pour que soit adoptée une loi spécifique sur une assurance maladie obligatoire, car selon l’un d’entre eux, la solidarité est obligatoire.
Deo Claude Nshimirimana, président du conseil d’administration de la CONAMUS, a pris la parole pour affirmer que les mutuelles communautaires sont pleinement engagées dans la mise en œuvre de la nouvelle PNPS et que ces mutuelles sont déjà présentes dans toutes les provinces du Burundi et s’efforcent d’atteindre toutes les communes du pays. Cette couverture géographique est cruciale pour garantir à tous les citoyens un accès aux services de santé nécessaires.
Quant à Mme Béatrice Niyonzima, Directrice Nationale de la CONAMUS, dans sa présentation sur l’état des lieux de la mutualisation du risque maladie : cas des mutuelles communautaires au Burundi, elle a révélé qu’actuellement, plus de 37 700 ménages adhérents, soit plus de 188 393 bénéficiaires, sont assurés des 140 mutuelles communautaires de santé qui composent la CONAMUS. Ces chiffres témoignent de l’importance croissante de la mutualisation du risque maladie au Burundi et de son rôle dans la protection sociale.
Importance de la Mutualisation du Risque Maladie
Photo de Mme Béatrice Niyonzima, Directrice Nationale de la CONAMUS
La mutualisation du risque maladie est un mécanisme qui permet de répartir les coûts de santé entre les membres d’une communauté. En rejoignant une mutuelle, les ménages peuvent bénéficier d’un accès à des soins médicaux sans être écrasés par les frais. Cette approche est particulièrement pertinente dans un pays comme le Burundi, où l’accès aux soins de santé est souvent limité par des considérations financières. Mme Niyonzima Béatrice a également abordé les défis auxquels les mutuelles sont confrontées, notamment le besoin d’un meilleur soutien financier et d’une sensibilisation accrue sur l’importance de l’adhésion à ces structures. Elle a plaidé pour réglementation du secteur et une meilleure coordination entre les différents acteurs impliqués dans la protection sociale.
L’atelier de Gitega a été une occasion pour les différents acteurs de discuter des prochaines étapes pour la mise en œuvre de la PNPS. Les participants ont convenu de l’importance de l’engagement politique et communautaire pour assurer le succès de cette politique.
Le chemin vers une protection sociale universelle au Burundi est semé d’embûches, mais l’engagement affiché par les responsables gouvernementaux, les parlementaires et les acteurs des mutuelles communautaires laisse entrevoir des perspectives optimistes. L’atelier a non seulement permis de partager des informations essentielles, mais aussi de renforcer les liens entre les différents acteurs impliqués dans la protection sociale.
Eraste MANISHAKA